Quels sont les plus grands pays d’Esport?

La croissance de l’ esport n’en est qu’à ses débuts et si le marché de l’esport est estimé à 1 milliard en 2020, il pourrait tripler d’ici à 2022. Certains pays ont pris une longueur d’avance, et même s’il peut s’avérer compliquer de les comparer, nous avons trouvé quelques métriques permettant de démontrer leur domination à l’échelle mondiale.

Un top 6 qui se détache

RangPaysGainsÉvolution(2018)Joueurs
1 (1)États-Unis$41,256,067.51+ 37.52%5411
2 (2)Chine$18,536,165.27
– 0.98%1099
3 (3)Corée du Sud$16,493,627.94+ 15.49%1100
4 (8)France$9,908,989.14+ 53.41%1075
5 (5)Finlande$9,745,650.42+ 29.73%318
6 (4)Danemark$9,325,417.78– 12.01%421
Sources : https://www.esportsearnings.com/history/2019/countries

La France, les États-Unis et la Finlande ont fait un bond en avant considérable en 2019 et nous vous expliqueront pourquoi dans la suite de l’article. La Chine et la Corée du Sud où l’esport est considéré comme une véritable religion complètent le podium derrière les Américains (qui ont 5 fois plus de joueurs que n’importe quel autre pays sur le circuit). Enfin, le Danemark perd 2 places par rapport à 2018 mais continue de s’imposer comme l’un des plus grands pays d’esport au monde.

Un peu d’histoire

Bien que les compétitions de jeux vidéo aient vu le jour dans les années 1970, il aura fallu attendre la fin des années 90 pour voir la scène esport s’organiser. En 1998 l’ Electronic Sports League (ESL) est créé et 2 ans plus tard la mythique organisation coréenne KeSPA suit le mouvement. En 2000 les World Cyber games sont organisées à Séoul, en Corée du Sud, grâce à la collaboration de Samsung et du ministère Coréen. La volonté de la Corée du Sud de promouvoir l’esport dans le monde entier aura été le point de départ de l’évolution que nous avons connue lors des 20 dernières années.

La Corée du Sud, précurseur de l’Esport dans le monde (Crédits : Gillette Cup 2002)

Plusieurs pays comme les États-Unis, la Suède et le Danemark ont suivi le pas en développant des infrastructures dédiées à l’esport, tandis que d’autres comme la France ou la Chine ont subi un petit retard à l’allumage, avant de mettre les bouchées doubles lors des 6-7 dernières années. Il n’est donc pas surprenant de voir ces pays aux avants-postes, mais vous verrez que d’autres variables les ont aidés à se hisser au sommet.

Historiquement, les pays d’ Asie, d’ Europe et d’ Amérique du nord ont toujours bien figuré sur la scène esport mais certains continents sont encore à la traîne. En Amérique du sud par exemple, le Brésil (12 éme au classement) commence peu à peu à se faire un nom, suivi par l’Argentine(24 éme au classement). En Océanie, l’ Australie a brillamment rattrapé son retard et commence à mettre la pression sur les gros (9 éme au classement). Enfin, le continent africain est en retrait, et la démocratisation de l’esport sur ce continent et l’une des priorités des organisations.

Les américains numéro 1 en matière de gain

En 2019 Epic Games, provoque un véritable coup de tonnerre en déclarant vouloir proposer plus de 100 millions de dollars de cash prize afin de développer l’esport sur son jeu phare : Fortnite. Avec des tournois hebdomadaires à 1 million de dollars, et une world cup à 30 millions, partagés entre 200 joueurs, Fortnite a été en 2019 le jeu qui aura eu le plus d’impacte à l’échelle mondiale. Lors de la world cup, organisée en juillet 2019 à New York, 6 Américains se sont positionnés dans le top 10 du tournois solo, et 4 équipes dans le top 10 du classement duo rapportant plus de 10 millions de dollars aux États-Unis (soit plus de 25% du total de cash prize remporté en 2019 tous jeux confondus).

Le classement du tournoi solo de la world cup Fortnite (Crédits: Epic Games)
Le classement du tournoi duo de la world cup Fortnite (Crédits: Epic Games)

Si Fortnite est le jeu ayant distribué le plus de cash prize en 2019, Dota 2 a également permis à la France et surtout à la Finlande de bien figurer sur la scène mondiale. The International 2019, a battu tous les records en offrant 34 millions de dollars de cash prize à l’ensemble des équipes présentes, et plus de 15 millions sont été reversés à l’équipe gagnante. Les 5 joueurs de l’équipe OG ont donc remportés plus de 3 millions chacun, soit 6 millions pour la Finlande, (représentées par 2 joueurs de l’équipe) et 3 millions pour la France (grâce à la présente de Sébastien « Ceb » Debs dans le roster).

Counter Strike: Global offensive vient compléter le podium des jeux ayant eu le plus d’impact sur notre classement en 2019, avec 22 millions de dollars distribués. En remportant plus de 2 millions de dollars en tournoi, l’équipe danoise Astralis permet à son pays d’engranger plus de 20% de ses gains annuels. Avec une scène en constante évolution et des cash prize de plus en plus conséquents, nuls doutes que Counter Strike: Global Offensive restera à l’avenir l’un des jeux les plus compétitifs sur la scène internationale.

La Corée du Sud, terre sacrée de l’esport

Si les gains engrangés par un pays sur une année nous donnent une bonne indication concernant ses performances, d’autres éléments sont à prendre en compte afin de définir qui sont les plus grands pays d’esport au monde. Les États-Unis sont certes numéro 1 en terme de revenu sur l’année 2019, mais avec 5 fois plus de joueurs que la Chine et la Corée du Sud. À nombre de joueurs égaux, les deux pays asiatiques sont bien plus dominants que les américains.

SKT T1, équipe coréenne championne du monde 2013 sur League of Legends (Crédits: artubr)

Cette domination est due en grande partie à l’intégration du gaming dans la culture coréenne. En Corée du Sud, 60% de la population disposaient d’un accès à la fibre optique au début des années 2000, ce qui a permis la démocratisation de l’esport, notamment via le jeu Starcraft: Brood War. En 2000, le gouvernement a également créé la KeSPA (Korean e-Sports Association), une organisation entièrement dédiée à l’esport et aux compétitions professionnelles. La même année, la chaine OGN voit le jour, et devient la première chaine au monde à diffuser de l’esport en continu.

En 2005, la Corée du Sud crée le premier stade consacré à l’esport, dans la ville de Yongsan, et propulse par la même occasion la discipline dans une autre dimension. Aujourd’hui, l’esport est une véritable religion pour les Coréens, elle est partagée par des joueurs de tous âges, et les exploits des joueurs professionnels sont retransmis à la télévision. Même si d’autres pays ont investi dans les infrastructures destinées à promouvoir l’esport, aucun ne semble pouvoir rivaliser avec la Corée du Sud, mise à part la Chine qui a décidé de suivre la voie de son voisin coréen.

La puissance financière de la Chine

Depuis 2015, le marché de l’esport en Chine ne cesse de croître, est sera prochainement, d’après les analystes, le second plus gros marché du monde derrière les États-Unis (place actuellement occupée par la Corée du Sud). En 2017, la ville d’Hangzhou a créé « l’esport town », complexe de 17.000m² qui aura tous de même coûté plus de 280 millions de dollars. Cette mini-ville qui a pour but de promouvoir l’esport dans la région et le nouveau camp de base de la célèbre équipe chinoise LGD Esport. Les Chinois ne semblent pas s’arrêter là et souhaitent investir 2.2 milliards de dollars dans les années à venir afin de faire venir plus de 10.000 nouveaux joueurs professionnels dans la région.

Hangzhou, nouvelle capitale de l’esport en Chine

Les plus puissantes entreprises de Chine ont également pris les devants, afin de récupérer leur part du gâteau. Ainsi, Tencent s’investit de plus en plus dans les compétitions esportives et le développement de jeux vidéo, tandis qu’ Alibaba, en plus de construire des stades en Chine, a annoncé un partenariat avec le conseil Olympique afin d’intégrer l’esport aux jeux d’Asie d’Hangzhou en 2022.

La dernière pièce du puzzle a été fournie par le gouvernement Chinois, début 2019, qui a reconnu le statut de joueur professionnel comme profession à part entière, et annonce par la même occasion, sa volonté de démocratiser l’esport en Chine. Cette volonté de l’état, couplé à la puissance financière de ses entreprises montre qu’il faudra compter sur la Chine sur la scène internationale dans les années à venir.

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