Esport en France : où en est-on par rapport aux autres pays ?

Dès le début des années 2000, l’esport a tout de suite passionné les Français, permettant à certains joueurs de briller rapidement sur la scène internationale. Aujourd’hui, la France compte un nombre de joueurs et de spectateurs importants, qui sont de plus en plus nombreux au fil des années.

La France est le 6e pays ayant remporté le plus d’argent dans les tournois esport depuis 1998, et les Français sont les 7e plus gros consommateurs d’esport dans le monde. En 2020, les joueurs Français ont remporté plus de 4,9 millions de dollars en cashprize, ce qui leur a permis de prendre la 4e place mondiale.

Avec ses 67 millions d’habitants, la France est le plus petit pays du Top 8, ce qui explique ses difficultés à rivaliser avec des pays comme la Chine ou les États-Unis. Pourtant, la France dispose d’une place de choix dans le monde de l’esport, et le nombre de joueurs professionnels et d’observateurs de cessent d’évoluer.

Les débuts de l’esport en France

L’esport est une discipline qui a vu le jour en France au début des années 2000, et qui s’est principalement développée autour de deux jeux : Counter Strike et Starcraft : Brood War. Malgré l’engouement de la communauté, la France va subir un retard à l’allumage, notamment au niveau des infrastructures dédiées à l’organisation des compétitions.

Le retard concernant le déploiement de la fibre optique dans l’hexagone ralentira également le développement de l’esport en France. Pourtant, certaines figures de proue vont permettre à la France de se faire un nom sur la scène internationale.

C’est notamment le cas de Bertrand ‘Elky’ Grospellier, qui deviendra, en 2002, le premier joueur Français à prendre part aux tournois Coréens sur Starcraft. La discipline est tellement dominée par les Coréens que les étrangers qui réussissent à performer sont appelés les « foreigners ». Elky deviendra l’un des meilleurs, et ouvrira la voie aux autres joueurs Français.

En 2003, l’ESWC va être créée, et va rapidement s’imposer comme l’un des plus grands événements de sport électronique au monde. Organisés dans un premier temps au Futuroscope, les organisateurs vont ensuite offrir un cadre plus prestigieux au tournoi, en l’organisant à Disneyland, Paris-Bercy ou encore au Louvre.

En 2007, les joueurs Français de emuLate! deviendront, lors des World Cyber Games de Seattle, les premiers Français à remporter un major sur Counter Strike 1.6. C’est à cette époque que l’esport Français va commencer à gratter son retard. La chaine Gameone va s’intéresser à l’esport, et les performances des joueurs Français sur Starcraft, Counter Strike, et Warcraft 3 vont devenir de plus en plus régulières.

La structure française aAa va atteindre la première finale des championnats du monde sur League of Legends, les Français de LDLC et de EnvyUs vont remporter deux nouveaux majors sur Counter Strike : Global Offensive, et Stephano va martyriser les meilleurs joueurs du monde sur Starcraft II.

Pourtant, la France dispose toujours d’un retard par rapport aux pays du Top 5, notamment en raison de l’absence de statut juridique pour protéger les joueurs professionnels.

Un retard sur la législation

Le 7 octobre 2016, la loi pour une République numérique voit le jour en France, permettant aux joueurs professionnels esport de disposer d’un statut reconnu par l’État. Grâce à cette loi, les contrats liants les joueurs et les structures sont désormais encadrés, afin d’éviter les dérives du passé.

Cette loi donne aux joueurs professionnels la possibilité de disposer des mêmes avantages que les salariés « normaux », à savoir la sécurité de l’emploi et une couverture sociale. En reconnaissant l’esport comme une profession à part entière, la France a lancé un élan autour de la discipline, et de nombreuses structures ont commencé à se former dans l’hexagone.

Les écoles dédiées au métier de l’esport ont vu le jour, des nouvelles structures professionnelles, telles que MCES également. Auparavant, lorsqu’une structure proposait un contrat à un jeune talent, cet engagement pouvait être rompu instantanément, permettant aux grosses structures de « voler » les joueurs aux plus modestes.

Désormais, la loi pour une République numérique permet non seulement aux joueurs de disposer d’un contrat stable, mais également aux petites structures d’évoluer, en protégeant ses investissements.

Les Français à l’international

Pendant plus de 20 ans, la France a été l’un des pays les plus dominants sur la scène Counter Strike, avec un major remporté dès 2007 sur 1.6, et deux autres sur CS:GO en 2014 et 2015. Aujourd’hui Vitality fait partie des meilleures équipes du monde, et sa superstar, ZywOo a été élu meilleur joueur du monde en 2019 et 2020.

Même si la France est performante sur la scène CS:GO, c’est sur Rocket League que les Français sont les plus dominants, puisque 5 des 6 joueurs ayant participé aux finales européennes de juin 2021 sont tricolores. Véritables épouvantails depuis 2 ans, Team BDS et Team Vitality ont hissé très haut les couleurs de la France sur Rocket League.

Sur League of Legends, l’émergence des talents et en cours, puisqu’après les performances remarquées de sOAz et Yellowstar dans les années 2010, de nouvelles têtes sont entrain de creuser leur trou au plus haut niveau. C’est notamment le cas de Hans Sama, qui s’est hissé en finale des LEC récemment. Rejoint par les nouveaux prodiges de la scène Française, Vetheo, Adam, Salut a tous, et Nuclearnt, la scène hexagonale a de belles années devant elle.

Sur Sc2 également, la relève de Stephano s’est fait attendre, mais elle est finalement arrivée, grâce à l’émergence de Clem, qui a prouvé qu’il pouvait battre les meilleurs joueurs du monde. Avec des performances remarquées, notamment aux DH SC2 Master Europe, nul doute que Clem devrait encore faire parler de lui en 2021.

Un public de plus en plus nombreux

D’après les chiffres de France-esport, le nombre de consommateurs/pratiquants d’esport en France est de 7,8 millions en 2020, ce qui représente environ 16% des + de 15 ans. Les jeux les plus suivis en France sont : League of Legends, Fortnite, CS:GO, Call of Duty, Rocket League, Overwatch ou encore FIFA.

Crédit : france-esport

Si on compare ces chiffres à l’édition 2019, le nombre d’observateurs d’esport en France est passé de 7,3 millions à 7,8 et devrait continuer d’évoluer dans les années à venir, permettant ainsi à la France de conserver son statut d’acteur majeur dans l’industrie de l’es

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