Esport : Le métier de Pro Gamer est-il accessible à tous?

Depuis quelques années, les salaires dans l’esport n’ont cessé de progresser, et des textes de loi ont permis aux joueurs d’ obtenir un statut pleinement reconnu. Ces récents changements ont permis à de nombreux joueurs d’envisager une carrière professionnelle, ce qui est largement possible en France aujourd’hui.

Le métier de Pro Gamer est-il accessible à tous? En théorie : Oui, mais une personne qui envisage une carrière de pro gamer devra assumer une quantité de travail très importante, car la compétition est rude. En pratique, comme dans tout sport, cela dépendra de vos aptitudes de bases, de votre mental et de votre motivation. Enfin « le facteur chance » et les opportunités auront également un impact sur vos chances de réussite.

De nombreux facteurs sont à prendre en compte afin de devenir pro gamer, et même si des milliers de joueurs prétendent à ce titre en France, seule une poignée d’élus y parviennent. Cet article vous aidera à mettre le doigt sur les éléments importants qui définiront votre aptitude à réaliser votre rêve.

La concurrence dans l’esport

Vous vous en doutez, la popularité de l’esport a rendu la compétition pour devenir pro gamer extrêmement difficile. Il y a 20 ans, en France, un nombre incalculable de jeunes garçons souhaitaient devenir footballeur professionnel, et peut le sont devenus à l’arrivée. Aujourd’hui, toute une génération rêve de devenir pro gamer, et pas seulement chez les garçons.

Pour vous rendre compte de l’étendue de la concurrence, jetez un œil au nombre de participants lors des qualifications en ligne pour des tournois importants. 40 millions de joueurs ont tenté leur chance (Solo et duo confondus) pour accéder à la World cup Fortnite en 2019, et seuls 200 d’entre eux eurent la chance d’y participer.

Le nombre de LAN organisés en France montre également l’engouement que suscite l’esport. Si tous les joueurs participant à ce genre d’événement ne souhaitent pas devenir pro gamer, cela peut vous donner une idée de ce qu’il vous faudra affronter si vous envisagez une carrière dans le domaine.

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La charge importante de travail

Comme dit plus haut, toute personne envisageant une carrière de joueur professionnel devra prendre conscience de la charge de travail qui l’attend. Malcolm Gladwell a écrit un livre exposant sa « théorie des 10.000 heures », où il affirme qu’il faut passer 10.000 heures dans un domaine afin d’en devenir expert. Cela vous donne une idée de ce qu’il faut pour atteindre le niveau du haut du panier.

De nombreux joueurs professionnels sont revenus, au travers d’interviews, sur les sacrifices qu’ils ont dû accomplir. Pour la plupart, il leur a fallu instaurer un programme de travail conséquent, tout en repoussant les distractions susceptibles de les faire dériver de leurs objectifs. Certains pros avouent passer 12 à 16 heures par jour à s’entraîner, et ceux 7 jours sur 7.

https://www.youtube.com/watch?v=15N8UNPmcJI
L’entrainement de Benjyfishy sur Fortnite

La véritable compétition commence au niveau semi-professionnel, qui est communément appelé l’antichambre de la scène professionnelle. À ce niveau, tous les joueurs ont un objectif commun : devenir joueur pro. Dans le football par exemple, l’accès aux centres de formations, (qui forment les Pogba et Griezmann de demain) est réservé à une minorité de jeunes joueurs très talentueux. On considère que seuls 2 de ces jeunes joueurs deviendront professionnels sur les 50.

En clair, à haut niveau le talent ne suffit plus, à moins d’être nettement au dessus du lot. Selon Guillaume Patry, un ancien joueur professionnel de Starcraft :  » Si devenir pro gamer doit vous arriver, alors ça arrivera, les gens viendront à vous ». Preuve que la chance et les opportunités ont également un rôle à jouer.

Si devenir pro gamer doit vous arriver, alors cela arrivera, les gens viendront à vous.

Guillaume Patry (ex pro Starcraft)

Les aptitudes de chacun et les motivations

Êtes-vous du genre à croire que les aptitudes sont acquises à la naissance ou que le talent n’est que le fruit du travail? Avez-vous déjà constaté que vous possédez des facilités dans certains domaines? Dans l’esport, certaines capacités sont très importantes comme les réflexes, la réflexion, le mental, et la capacité d’apprentissage.

Certains pros gamer semblent être des prodiges dans leurs domaines et c’est certainement vrai pour quelques-uns d’entre eux. Cependant aucun joueur professionnel n’est arrivé là où il est avant d’avoir passé des milliers d’heures derrière son écran à s’entraîner. Si on fait l’analogie avec le sport, Michael Jordan par exemple, qui est considéré comme le meilleur joueur de basket de tous les temps est sans aucun doute un surdoué. Pourtant des joueurs beaucoup moins talentueux que lui ont réussi à faire carrière en NBA.

Les chances de réussite dépendront forcément des aptitudes du joueur mais il n’aura aucune chance sans une solide routine de travail. Il lui faudra également définir ses motivations très clairement. Devenir pro gamer pour l’argent? La gloire? Parce qu’il aime la compétition par-dessus tout? Ce sont ses réelles motivations qui lui permettront de tenir dans les moments de doute.

L’ âge est-il un frein pour devenir pro gamer?

C’est probablement le sujet le plus controversé quand on parle des aptitudes pour devenir pro gamer. Afin de répondre à cette question, nous avons pris des exemples de joueurs professionnels encore en activité.

Sur Counter Strike: Global Offensive, de nombreux joueurs professionnels ont dépassé la trentaine, et certains font partie des 10 meilleures équipes du monde. On pense notamment à Cédric « RPK » Guipouy chez Vitality ou Chris « ChrisJ » de Jong chez Mousesports qui ont 30 ans tous les deux.

Sur League of Legends, Lee « Heart » Gwan-Hyung approche les 32 ans et fait partie d’Edward Gaming, l’une des meilleures équipes chinoises. Concernant les contres-exemples on peut notamment parler de la scène Fortnite, ou la moyenne d’âge des championnats du monde de 2019 était de 17 ans.

Il semblerait que l’âge ait un impact sur les performances dans l’ esport, même si quelques exceptions nous montrent que certains professionnels sont encore compétitifs à 30 ans passé. Pourtant, les exemples de joueurs ayant « percé » après 25 ans sont très rares. La professionnalisation de l’esport pourrait bien venir bousculer ces codes dans les années à venir et il sera probablement possible de voir des joueurs performer à un âge plus avancé.

Quid des filles?

Les résultats dans l’esport montrent que les filles ne sont clairement pas représentées dans le « haut du panier ». Pas d’équipes féminines dans le top 100 HLTV sur Counter Strike : Global Offensive, pas de filles à la world cup Fortnite de 2019, pas de filles non plus dans les ligues majeures sur League of Legends ou Overwatch.

Pourtant les études montrent que la faible présence des filles dans l’esport est dû à un problème culturel plus qu’à un écart de niveau entre les deux sexes. Certaines femmes ont démontré qu’elles pouvaient rivaliser avec les meilleurs, comme Sasha « Scarlett » Hostyn qui a remporté 7 tournois internationaux sur Starcraft ou encore Ricki « HelloKittyRicki » Ortiz qui a participé plusieurs fois à l’EVO, le tournois regroupant les jeux de combat le plus réputé du monde.

Scarlett, la seule femme à avoir atteint les quarts de finale des GSL sur Starcraft 2 (Crédits: KEVIN CHANG/Team Liquid)

Si vous êtes une jeune fille souhaitant devenir pro gamer, sachez que des compétitions fermées vous sont accessibles et de nombreuses structures possèdent des divisions féminines (Besiktas, Dignitas ou Singularity pour ne citer qu’elles).

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